Les acides organiques : que sont-ils et que font-ils (pour notre santé)?

Les acides organiques : que sont-ils et que font-ils (pour notre santé)?

Dr. Miranda Wiley, ND

Le mot « organique » est partout de nos jours, en partie parce que, sous l’influence de l’anglais, on l’utilise à tort au sens de biologique, comme dans « bouffe bio ». Mais qu’entend-on par « organique », et en particulier « acides organiques » dans le contexte de notre santé?

Un peu de jargon scientifique : organique et acides organiques :

En chimie, l’adjectif « organique » désigne toute molécule contenant un atome de carbone, et non pas l’agriculture ou les aliments biologiques, au sens maintenant bien répandu. Les « acides organiques » se trouvent dans une variété de microbes et aliments. Mais notre corps en produit aussi, en métabolisant des molécules alimentaires et des nutriments, et par la voie des neurotransmetteurs et toxines. Ces acides sont souvent appelés à changer d’état et à se transformer par leur influence réciproque avec diverses enzymes dans les cellules. Par exemple, un médecin peut chercher la présence d’acide homovanillique dans l’urine pour déterminer les niveaux de dopamine dans le corps, ce qui peut s’avérer utile lorsqu’on soupçonne un cas de maladie de Parkinson.

 

Pourquoi les acides organiques sont-ils si importants?

Maintenant que nous avons clarifié le sens chimique des termes « organique » et « acides organiques », voyons ce qui les rend si capitaux. L’analyse d’acides organiques peut nous renseigner sur l’état du corps : les niveaux de nutriments, la fonction hormonale et même la situation du microbiome sont cruciaux à la compréhension de notre santé globale. Aujourd’hui, nous nous attarderons à quelques acides organiques qui, les études le montrent, améliorent et favorisent notre bien-être. Parmi les acides organiques qui sont d’un grand profit à la santé humaine, on retiendra ceux qui sont également des nutriments, par exemple : l’acide ascorbique (vitamine C) et les acides aminés, qui créent par eux-mêmes des protéines et des neurotransmetteurs, et les acides gras.

 

 

L’acide ascorbique est un antioxydant bien connu. Simplement dit, il se déplace dans le corps à la recherche de molécules détériorées par l’oxygène, et les restaure en neutralisant l’oxydation. C’est cette même oxydation qui fait brunir la chair de la pomme exposée à l’air. Mais aspergez-la de jus de citron, et la vitamine C antioxydante qu’il contient empêchera cette décoloration.

 

Acides aminés

Les acides aminés forment tous nos tissus. L’exercice physique cause des lésions microscopiques à nos cellules musculaires, mais durant notre sommeil, les acides aminés provenant de nos aliments s’affairent à réparer les dégâts, renforçant nos muscles au passage. Les acides aminés sont la matière de base des neurotransmetteurs. Par exemple, le trytophane entre dans la production de sérotonine et de mélatonine, tandis que la tyrosine sert à fabriquer l’épinéphrine, la dopamine et l’hormone thyroïdienne. Il est donc primordial d’obtenir un apport régulier de protéines de qualité, pour notre santé mentale et physique.

 

Acides gras

Les acides gras emmagasinent l’énergie, mais ont d’autres propriétés. Par exemple, l’acide caprylique contenu dans l’huile de coco est un antifongique utilisé entre autres dans le traitement de la candidose.

D’autres acides organiques à connaître

D’autres acides organiques bons pour nous servent à produire de l’énergie à même les cellules. Vous ne les connaissez peut-être pas tous, ou bien ils sont enfouis dans votre mémoire (allo, cours de biologie de bio 101!). Ou peut-être avez-vous une idée de ce qu’ils sont, mais vous ignorez l’entière portée de leurs actions dans votre corps.

 

Revenons un instant, si vous le voulez bien, dans cette fameuse classe de bio…

Le corps obtient son énergie sous la forme de lipides alimentaires, protéines et glucides. Cela dit, le sucre (glucose) est la forme d’énergie que plusieurs cellules privilégient. Toutefois, la quantité d’énergie de chaque molécule de glucose est bien trop grande pour être absorbée d’un trait par une toute petite cellule. C’est un peu comme tenter d’alimenter une ampoule électrique avec un éclair. Les molécules de glucose doivent donc être décomposées en petites parcelles d’énergie que la cellule pourra facilement absorber. Imaginez-vous dans un marché: il est plus simple de dépenser 100 pièces de 1 $ çà et là qu’un gros billet de 100 $.

Le cycle de l’acide citrique

La digestion de l’arrivée massive d’énergie en petits morceaux repose sur le cycle de l’acide citrique, connu aussi sous le nom du cycle de Krebs. L’oxygène, les enzymes et les vitamines B métabolisent les acides organiques de façon continue, produisant ainsi des petites doses d’énergie pour la cellule tout en relâchant du CO2.

 

Conséquemment, les aliments qui procurent au corps certains des acides organiques utilisés durant le cycle de l’acide citrique contribuent à faire tourner la machinerie qui donne de l’énergie à la cellule. Cela se traduit en énergie additionnelle pour les cellules du cerveau, des muscles, du foie, de la peau, etc.
L’acide citrique est présent à divers degrés dans beaucoup d’aliments courants comme les fraises, cerises, tomates et ananas, mais aussi dans des additifs alimentaires. Dans ces derniers, il sert soit à donner une saveur sure aux aliments ou à abaisser leur pH pour les empêcher de se gâter. S’il est vrai que les additifs sont un moyen rapide et facile de fournir de l’acide citrique à notre système, ce n’est pas la méthode la plus équilibrée. Lorsque l’acide citrique consommé se trouve naturellement dans les aliments, sa teneur est aussi absorbée naturellement en raison des nutriments contenus dans ces aliments. L’absorption n’a rien d’équilibré dans le cas d’additifs, par exemple dans le cas d’un bonbon suret qui fournit au corps une surcharge d’acide citrique sans les nutriments qui l’assistent dans ses fonctions cellulaires.

Acide acétique

L’acide acétique joue aussi un rôle dans le cycle de l’acide citrique. De ce fait, il participe à la production d’énergie pour la cellule. L’acide acétique n’est pas qu’un des ingrédients principaux du vinaigre : il a été démontré qu’il aide les enzymes responsables d’accroître le métabolisme des graisses et de réduire leur accumulation1 – ce qui expliquerait pourquoi l’humain aime tant mettre du vinaigre sur ses frites… Mais hélas! l’acide acétique n’a pas le pouvoir d’améliorer la qualité de l’huile à friture, ou de convertir les beignets frits en superaliment. Il peut toutefois limiter les dégâts.
L’acide lactique, comme l’acide acétique, est un sous-produit de la fermentation très commun. On le trouve dans les produits laitiers comme le yogourt, le kéfir, le fromage, mais aussi dans la choucroute, les cornichons et autres légumes saumurés par fermentation. La majorité de notre gentil microbiome se compose de bactéries d’acide lactique, des bactéries qui vivent en nous et fermentent les aliments que nous ingérons.

 

Conclusion

Nous sommes faits de douzaines d’acides organiques structurels, et ceux que renferment nos aliments peuvent y être naturellement présents ou avoir été ajoutés. De plus, notre corps est constamment en train d’en produire, d’en détruire, d’en absorber et d’en libérer. Le meilleur moyen d’obtenir la dose d’acides organiques qui convient pour vivre de manière saine et équilibrée, c’est encore de choisir des aliments entiers de sources variées, et de prendre conscience de notre digestion lorsqu’on mange. Alors, fermez les écrans à table! Enfin, les acides organiques qu’on retrouve dans les additifs alimentaires (comme l’acide citrique dans les boissons et bonbons) peuvent bousculer notre délicat équilibre interne. Voilà une autre raison, s’il en faut, d’éviter les « pseudo-aliments » raffinés et aromatisés artificiellement.


 

 

Références:

1. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19469536

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Dr. Miranda Wiley, ND

Dr. Miranda Wiley, ND

Miranda began her career in natural health at 13 years old when she took a summer job at her local health food store. By age...

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